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« Il est venu le temps des cathédrales… » a écrit un monsieur qui, il y a quelques années, essayait de nous convaincre qu’il avait attrapé un coup de soleil, un coup d’amour, un coup de je t’aime. Alors, face à une période ludique où les cathédrales occupent le devant de la scène, est-il vraiment venu ce temps monsieur Cocciante ?Interview-ludicobidon d’un homme qui se jette à l’eau des pluies d’été… et qui se révèle être plus cohérent dans ses propos ludique que dans ses chansons ! |
4L - Bonjour monsieur Cocciante, alors, il est vraiment venu le temps des cathédrales ?
Richard Cocciante - Oui, je pense vraiment ! Luc [Plamandon] vous le confirmerai, mais, sans hésitation, je pense que oui, ce temps est venu !
4L – Concernant les jeux de société, quand cette tendance est-elle apparue ?
R.C. – Difficile à cerner, mais il semble que Cathedral de R.P. Moore, édité en 1981 par Brightway Products, et quelques années plus tard par Gigamic dans nos belles contrées, soit le premier du genre. Alors oui, nous sommes loin d’une thématique forte mais face à un jeu abstrait où le but est de placer différents bâtiments dans l’enceinte d’une ville fortifiée. La cathédrale ne sert ici que de point de départ à des phases de poses alternées. Toujours est-il que c’est le premier jeu affichant aussi clairement la cathédrale comme thématique pouvant faire rêver le joueur…
4L – Et quel jeu, plus proche des créations actuelles, pourrait avoir fait des cathédrales son thème central ?
R.C. – Le premier jeu contemporain est sûrement Krieg und Frieden (Guerre et Paix) de Gérald Mulder, sorti en 1998 sous le titre de Charlemagne puis en 1999 chez TMSpieler. Cette maison d’édition, fondée en 1993 par Klaus Teuber et Reiner Müller n’a sorti que 6 jeux, préférant ensuite éviter la banqueroute en devenant prestataire externe pour des éditeurs tels que Goldsieber ou Kosmos. Ce jeu place au centre du débat la construction d’une cathédrale. Les joueurs se retrouvent barons d’un royaume dans lequel le roi, sans descendance, va offrir son trône à ses fidèles chevaliers. Ce jeu annonce mécaniquement le point commun à tous les jeux de cathédrales : les joueurs, malgré leurs rivalités, construisent ensemble un même monument…
4L – Ce premier jeu à certes ouvert la voie, mais quand la cathédrale est-elle apparue moins épisodiquement dans les publications ludiques ?
R.C. – C’est en fait assez récent. Le mouvement a été relancé grâce à Keythedral de Richard Breese, sorti en catimini en 2002 et réédité dans la langue de Quasimodo chez Ubik en 2004. Ici, et contrairement à Krieg und Frieden, les joueurs ne sont plus des barons dirigeant leurs serfs, mais prennent directement en charge des artisans. En gérant leurs cottages, ils acquièrent des ressources utiles pour mener à bien leur chantier. Échelonnée en 5 étapes, le jeu passe ainsi en revue les différents éléments necessaires pour l’édification du monument : du bois à la pierre jusqu’aux talents artisanaux tel que la ferronnerie, le travail de vitraux ou les décorations en or.
4L – Nous ne sommes pas très loin du récent Les Pilliers de la terre de Michael Rieneck & Stefan Stadler, édité chez Filosofia….
R.C – Oui, tout à fait. Adapté du livre de Ken Follet, les joueurs sont ici de plein pied dans la construction d’une cathédrale. L’angle d’approche, plaçant les joueurs en tant que maître de chantier à la tête d’une équipe d’artisans, permet d’être totalement immergé dans la réalité de l’édification d’un monument de cet ampleur. Avec pas moins de 13 corps de métier allant du charpentier au fondeur de cloche en passant par le gâcheur de mortier, le jeu permet d’aborder toutes les spécificités d’une telle entreprise. Les Piliers de la terre est pour l’instant le jeu le plus immersif et le plus proche d’une réelle construction de cathédrale !
4L – Certains joueurs ont noté une similitude mécanique entre ce jeu et Caylus de W. Attia édité chez Ystari. Qu’en pensez-vous ?
R.C. – Caylus aurait très bien pu avoir comme objectif l’édification d’une cathédrale plutôt que d’un chateau fort. Comme les jeux sus-cités, il en possède toutes les caractéristiques : construction commune d’un même monument, les joueurs comme maîtres d’œuvre, utilisation de ressources provenant de carrière, foret… Il n’y a donc rien d’étonnant au fait que certains principes mécaniques soient communs aux deux jeux. D’ailleurs, l’auteur n’a pas oublié l’importance de ce monument dans l’époque médiévale et sa haute valeur symbolique : le bâtiments de prestige rapportant le plus de point est une cathédrale…
4L - Dans le registre « apparition fugace mais remarquée des cathédrales ludiques », existe-t-il d’autres jeux ?
R.C. Une extension pour Carcassonne, le Spiel Des Jarhes 2001, incorpore des cathédrales. A coté de leurs abbayes et autres routes, les joueurs peuvent en construire une au centre de leur cité, modifiant copieusement leur points de victoire. C’est aussi le cas dans Citadelles de B. Faiduitti, publié par Ubik. Et nous pourrions passer en revue de nombreux autres jeux tel que De Ontembare Stad de Hans van Tol ou bien le célèbre Colons de Catane – Ville et chevaliers de Klaus Teuber… On s’aperçoit que la majorité des jeux prenant pour thème la cité médiévale ne peuvent passer outre l’intégration de cette batisse.
4L – Toujours chez l’éditeur québécois Filosofia, un nouveau titre au titre évocateur devrait arriver d’ici peu sur les étals : Notre Dame. Un lieu qui vous tient particulièrement à cœur…
R.C. – Lorsque l’on parle de cathédrales, difficile de ne pas penser à Notre Dame. De Victor Hugo à mon amie Hélène Segara, les réfèrences à ce monument parisien sont légions. Cela se vérifie d’ailleurs par ses quelques 13 millions de visiteurs par an. L’auteur de Notre Dame, Stefan Feld, a par contre une approche totalement différente de ses prédécesseurs. Ici, la cathédrale est déjà construite et les joueurs vont influer sur les quartiers voisins pour en tirer le plus de prestige. Bon, inutile de se voiler la face, la thématique est totalement accessoire et la batisse de Frollo sert plus de vitrine à un excellent jeu mécanique que de réel élément moteur. Le point le plus amusant vient sûrement de cette réprésentation très éloignée de la réalité de l’île de la cité…
4L – Mais une fois encore, le fait de prendre comme décor une cathédrale n’est pas anodin ?
R.C. – Comme je le disais précédemment, les cathédrales sont des monuments connus de tous et qui ont toujours développé l’imaginaire. De ses méthodes de construction à ses mystères architecturaux, elles constituent des lieux chargées d’histoires et d’aventures, symbolisant à elles seules le moyen-age. J’espère juste que cette tendance ludique n’est qu’une étape et que la cathédrale pourra devenir une vraie thématique, aussi courante que Venise ou les chateaux fort. C’est un sujet riche, avec de nombreux angles d’approche, permettant sans conteste de mêler habilement thématique et mécanique.
4L – Et bien, monsieur Cocciante, merci à vous !
R.C – De rien ! Et au final, je m’étonne moi-même de tant de connaissance ludique. Moi qui ne connaissait que la Canasta avant cette interview, j’ai l’impression de m’être dépassé sur ce coup. Cela doit venir du pouvoir mystérieux des cathédrales…
4L – Heu, oui, ça doit être ça…
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c’est nul!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Richard??? c’est toi ???