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	<title>4Livre</title>
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	<pubDate>Thu, 14 Feb 2008 08:58:39 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>Cendrillon d&#8217;Eric Reinhardt</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/02/14/cendrillon-deric-reinhardt/</link>
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		<pubDate>Thu, 14 Feb 2008 05:55:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/cendrillon.jpg" align="left" width="83" height="137" border="0" /></td>
<td>Je suis un trader
Je suis un mythomane
Je suis un meurtrier
Je suis un érotomane
<a href="http://ll4ll.net/livre/2008/02/14/cendrillon-deric-reinhardt/ ">Vous êtes Cendrillon </a></td>
</tr>
</table>  

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/cendrillon.jpg" align="left" width="83" height="137" border="0" />Quelle vie aurait eu Eric Reinhardt s’il n’avait pas rencontré et aimé Margot à l’age de 23 ans ? Il aurait pu avoir la vie d’Eric Reinhardt, écrivain spécialiste de l’automne, convoqué pour une conférence en Italie par une étrange attachée de presse. Il aurait pu être Laurent Dahl, trader qui fait exploser la baraque, prend la fuite et retrouve une inconnue qui l’a subjugué, envoûté. Il aurait pu être Patrick Neftel, qui a tout raté et se transforme en sociopathe en prenant Richard Burn, l’auteur de la tuerie de Nanterre comme icône. Il aurait pu être enfin Thierry Trockel, perpétuel insatisfait, géologue qui propose à sa femme l’échangisme afin de satisfaire une sexualité à la dérive aux pulsions inassouvies et insatiables. Tous ces personnages sont les avatars de l’auteur, avec en tronc commun une enfance traumatisante, un père raté, caricature de la classe moyenne ambitieuse et qui finit par se suicider devant son fils.<br />
Eric Reinhardt mêle ces différents destins pour simplement prendre le temps de nous raconter des choses. De petites choses simples comme son amour de l’automne, la beauté de la lenteur (ce qui ne manquera pas de vous faire penser au livre <em>La Lenteur</em> de Kundera). Mais il prend le temps aussi de nous raconter les folies du capitalisme boursier et le fonctionnement des Hedge funds, de manière exceptionnellement pédagogique. Il imagine également une rencontre en terrasse de café avec Louis Schweitzer ou s’offre un règlement de compte avec les critiques littéraires. En fait, Eric Reinhardt s’amuse, divague, s’offre le luxe de la digression, du roman sans but, un peu fourre-tout. Alors évidemment, il y a des longueurs et l’ensemble est perturbant parce que parfois déconstruit. C’est un roman néanmoins original, qui bouscule les habitudes, et qui peut être palpitant. À vous de savoir si vous en avez envie de redécouvrir la poésie du quotidien avec sa part de violence et de laideur sans forcément tomber dans du Philippe Delerm. </p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>… nous petit-déjeunons dans notre lit plutôt qu’assis sur des chaises froides, exposés au voisinage peu sympathique de la chaudière, du lave-vaisselle, de la gazinière et du réfrigérateur, des anticipations du monde réel dont je me passe bien volontiers à cette heure. Tous ces gens qui vont s’assoire sur des chaises froides dès leur réveil, comment parviennent-ils à enchanter durablement leur existence ? Il me serait difficile d’évoquer le Bristol Palace de Gênes assis cuisses nues sur une chaise de cuisine. Je reviendrai sur l’importance que revêt dans notre vie cette enclave du petit-déjeuner sous les draps, complice, politique, insoumise, dispendieuse. Quand Leonardo est né, nous avons écarté l’hypothèse d’une migration neurasthénique dans la cuisine et continué à nous sustenter dans le lit, le bébé entre les cuisses de sa mère, le lourd plateau sur mes genoux. Cette perte de temps délibérée, c’est quelque chose qui s’apparente à une flânerie, à du libertinage, nous acclimate de la manière la plus sereine à la journée qui s’annonce…</em></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<table border="0" cellPadding="0" cellSpacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/eric.jpg" align="left" width="123" height="85" border="0" /></td>
<td>Né en 1965, Eric Reinhardt est l’auteur de <em>Demi-sommeil</em>, du <em>Moral des ménages</em> et de <em>Existence</em>. Ainsi, il utilise ses romans pour traiter de la réussite à tout prix, de la société de consommation, de l’absurdité du capitalisme. Il aime souvent avec un ton violemment cynique s’attaquer à la classe moyenne, affectionne les anti-héros, souligne l’absurdité de l’existence. En parallèle, il est également éditeur free-lance de livres d’art, et travaille avec des plasticiens, des architectes, des chorégraphes. Il donne finalement une assez belle impression de dilettantisme. </td>
</tr>
</table>
<p><strong><em>Cendrillon</em> d&#8217;Eric Reinhardt</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : Stock<br />
nombre de pages : 578<br />
prix : 24€</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La route  de Cormac McCarthy</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/02/11/la-route-de-cormac-mccarthy/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Feb 2008 04:27:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td> <img src="/livre/wp-content/uploads/under/La_route.jpg" align="left" width="100" height="151" border="0" /></td>
<td>L’apocalypse a eu lieu. 
Les terres sont recouvertes de cendres. Quelques survivants restent seuls au monde.
Cadre noir, ambiance glauque, Cormac McCarthy achève le règne de l’Homme pour mener une réflexion  sur l’être humain. C’est tout simplement captivant. 
<a href="http://ll4ll.net/livre/2008/02/11/la-route-de-cormac-mccarthy/">L’apocalypse a eu lieu.…</a></td>
</tr>
</table>  

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/La_route.jpg" align="left" width="100" height="151" border="0" />Un Homme et son fils sont jetés dans un monde post-apocalyptique. L’environnement est brûlé, les arbres et les oiseaux ont disparu, le climat est devenu hostile, les ressources manquent, les anciennes villes ont déjà été pillées. Les cadavres jonchent le bord d’une route qu’ils ont décidé de suivre. Cette route est axée plein sud et rejoint la mer. C’est le seul objectif de ces deux êtres qui n’ont plus aucune perspective, le seul repère, vers lequel ils retournent inlassablement.</p>
<p>Cormac McCarthy utilise un style sec, dépouillé à l’extrême, avec peu de dialogues. Le ton est noir au possible, glauque, effrayant, le livre est concis. L’auteur malmène ses deux personnages. Ils sont isolés, en danger, manque de nourriture, d’eau, de chaleur et d’armes pour se protéger des autres. L’espoir engendré par la découverte d’une ressource de nourriture ou d’eau est immédiatement remplacé par le désespoir d’une fin qui s’éloigne un peu, d’une mort qui est simplement repoussée. Ils devraient être libres, mais ne peuvent s’empêcher de suivre la route. Ils n’ont pas d’impératif mais ne restent jamais en place. Cormac McCarthy utilise ces conditions extrêmes pour entamer une réflexion sur la condition humaine. Il raconte une histoire toute simple mais ouvre à la réflexion philosophique. L’homme devrait être libre car émancipé de son instinct animal. Mais dès que le confort de survie disparaît, que la structure d’une société n’est plus, aucune liberté n’est possible. Les derniers tabous de la violence et du cannibalisme tombent. L’homme devient une bête et la compassion n’est plus une possibilité. L’espérance n’existe plus, Dieu est mort et l’auteur utilise un ton biblique pour nous le raconter. L’absence de but, de possibilités d’exutoire déboussole ces êtres qui ne sont qu’instinctifs et mobilisent la totalité de leur intelligence pour leur survie. La mort ne représente finalement plus une crainte mais un soulagement. Seul le passage de la vie vers la mort reste une angoisse, l’instinct de survie étant l’ultime réflexe agaçant. Pourtant, au cœur de ce cauchemar éveillé, Corman McCarthy rend compte d’une relation unique père fils, magnifiant le lien du sang.<br />
L’auteur utilise brillamment une situation post-apocalyptique pour mener une réflexion profonde sur le genre humain. Ce livre est annoncé comme  un immense chef d’œuvre de littérature par toutes les rédactions littéraires (même les Inrocks et Télérama sont d’accord) et mérite absolument cette unanimité. Il est nécessaire de le lire.</p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>Par terre, près de la porte il y avait deux distributeurs de  boissons sans alcool qui avaient été renversés et forcés avec un pied-de-biche. Des pièces de monnaie partout dans la cendre. Il s’assit et passa la main dans le mécanisme des distributeurs éventrés et dans le deuxième distributeur sa main se referma sur quelque chose de froid. Un cylindre métallique. Il retira lentement sa main et resta cloué sur place devant un Coca-Cola.<br />
	Qu’est ce que c’est, Papa ?<br />
	Quelque chose de bon. Pour toi.<br />
	Qu’est ce que c’est ?<br />
	Attends. Assieds-toi…</em></p>
<h2> L&#8217;auteur </h2>
<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Cormac.jpg" align="left" width="105" height="105" border="0" /></td>
<td>Cormac McCarthy est né en 1933 en Providence. Après des études pas spécialement réussies, il s’installe dans différents coins de la planète et consacre sa vie aux femmes et à l’écriture. Son œuvre semble être majeure, elle est récompensée pat le National Book Critics Circle Award et le National Book Award. Il obtient le prix Pulitzer en 2007 pour La route. Mais son œuvre intéresse également le cinéma. Il est l’auteur de <em>No country for old men</em>, adapté par les Frères Cohen et sorti récemment en France.
</td>
</tr>
</table>
<p><strong><em>La Route</em> de Cormac McCarthy</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : L&#8217;olivier<br />
nombre de pages : 245<br />
prix : 21€</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Kafka sur le rivage de Haruki Murakami</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/02/07/kafka-sur-le-rivage-de-haruki-murakami/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 Feb 2008 11:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Kafka.jpg" align="left" width="73" height="114" border="0" />Kafka Tamura est un jeune de quinze ans à qui le père prédit « un jour, tu tueras ton père de tes propres mains et tu coucheras avec ta mère », et cela vous rappelle peut être quelque chose. Nakata est un viel homme qui communique très souvent avec les chats et qui peut déclencher des averses de poissons (comme les grenouilles dans Magnolia). Sa vie se déroulait donc tranquillement, mais il doit obéir à une force obscure lui imposant un parcours et une mission afin de se libérer de l’abominable pénitence qu’est sa propre vie.<a href="http://ll4ll.net/livre/2008/02/07/kafka-sur-le-rivage-de-haruki-murakami/"> Alors allons-y….</a></td>
</tr>
</table>  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Kafka.jpg" align="left" width="73" height="114" border="0" />À partir du parcours de deux personnages qui ne manqueront pas de converger, l’auteur met en place un roman initiatique. Le lecteur se trouve plongé dans une atmosphère japonaise, baignée de lumière douce et de jardins magnifiques (car les japonais sont d’excellents jardiniers, par ailleurs spirituels, exigeants avec eux-mêmes et qui aiment la musique classique). Sont ajoutés à cela quelques Haïkus laissant songeur, beaucoup de métaphores sûrement profondes mais laissant perplexes et bien sûr, d’anciens proverbes dont les quadruples lectures successives n’écartent pas un vieux doute sur leurs sens (A mémoriser pour faire un petit effet lors d’un dîner mondain).<br />
Soyons critique, perplexe, dubitatif et grattons-nous la tête. Est-ce que l’auteur s’est fait plaisir en complexifiant à satiété des symboliques sur le sens profond de l’être ? Est-ce qu’il s’est laissé déborder par l’envie de rendre énigmatique le passage à l’age adulte ? Est-il atteint d&#8217;une métaphorite aiguë ? Est-ce qu’on a raté quelque chose ? Nous pouvons douter. Une impression de faux nous gagne. Le livre n’est pas désagréable à lire en soi, mais il semble factice et sonne creux. Il paraît être un assemblage d’images et de codes convenus. L’auteur suit une recette ajoutant tout ce qui fonctionne dans un roman initiatique avec un soupçon de japonisation pour donner à manger aux occidentaux avides d’exotismes. <em>Kafka sur le rivage</em> est au roman initiatique ce que <em>L’Alchimiste</em> de Coelho est à la philosophie et tout est dit.<br />
Les états de services de cet auteur ont l’air complet et irréprochable. A-t-il cédé aux sirènes commerciales de la publication ? Difficile à savoir mais pour une première rencontre avec l’auteur, c’est quasiment rédhibitoire.</p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>J’ai refermé ce livre avec un sentiment bizarre. Je me demandais ce que l’auteur avait voulu dire exactement. Mais c’est justement ce « je ne sais pas ce que l’auteur a voulu dire exactement » qui m’a laissé la plus forte impression. </em> P139 ça ne s’invente pas !</p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<table border="0" cellPadding="0" cellSpacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Murakami.jpg" align="left" width="136" height="103" border="0" /></td>
<td>Haruki Murakami est né à Kobe en 1949, a étudié la tragédie grecque à Tokyo. Il a dirigé un club de jazz et enseigné à Princetone.</td>
</tr>
</table>
<p><strong><em>Liens utiles</em></strong><br />
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Haruki_Murakami">Biographie et publications de l’auteur</a><br />
<a href="http://www.randomhouse.com/features/murakami/site.php?id=">Site de l’auteur : </a><br />
<a href="http://www.leportillon.com/Qu-y-a-t-il-dans-Haruki-Murakami">Un expert en colère contre l’auteur </a><br />
<a href="http://livres.fluctuat.net/blog/15595-faut-il-acheter-le-dernier-haruki-murakami-.html">Un critique en colère contre l’éditeur  </a><br />
<a href="http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/10885">Une critique dithyrambique pour compenser </a></p>
<p><strong><em>Kafka sur le rivage</em> d&#8217;Haruki Murakami</strong><br />
date de parution : 2006<br />
éditeur : Belfond<br />
nombre de pages : 619<br />
prix : 23€</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Birmane de Christophe Ono-dit-Biot</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/02/04/birmane-de-christophe-ono-dit-biot/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Feb 2008 10:24:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/1052086.jpg" align="left" width="100" height="153" border="0" />
<em>… Le coeur tendre dans le lit de Miss Clark, Prisonnière du Sultan de Jarawak
En pleine terreur à Manicouagan, <a href="http://ll4ll.net/livre/2008/02/04/birmane-de-christophe-ono-dit-biot/">Isolé dans la jungle birmane </a>
Emprisonnant les flibustiers, L'ennemi est démasqué
On a volé le collier de Civa, Le Maradjah en répondra ….</em></td>
</tr>
</table>  

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/1052086.jpg" align="left" width="100" height="153" border="0" />César séjourne avec sa femme en Thaïlande dans un club. Ils prennent conscience pendant ce séjour que des incompatibilités d’humeur, anesthésiées jusqu’alors par la routine, sont devenues insupportables. César décide de la quitter et se remet profondément en question. Qu’a-t-il fait de sa vie ? Il voulait être un grand reporter et se retrouve correcteur dans le comité de rédaction d’un magasine féminin. Il décide de tout tenter, passe la frontière Birmane afin d’interviewer le plus grand trafiquant d’opium du monde, le créateur du Triangle d&#8217;or. Très rapidement, l’immersion est totale. La junte militaire le surveille, des attentats incompréhensibles dans le centre ville, des expatriés français étranges le prennent sous leurs ailes, le manipulent…  Le cadre est impeccablement posé, le récit peut commencer.<br />
Christophe Ono-dit-biot connaît la Birmanie. De son expérience de grand reporter, il tire un très bon roman, décrivant en arrière fond une Birmanie intense, envoûtante, effrayante et sensuelle. Les touristes sont écorchés au passage, même si c’est plus tendre que sous la dent de Houellebecq (voir <em>Plateforme</em>). Il aborde le monde des expatriés qui viennent se perdre en asie (&#8221;Vous voulez de l’aventure parce que vous vous ennuyez à mourir dans votre conformisme quotidien&#8221;), l’implication politique des humanitaires. Mais c’est surtout la dictature de la junte militaire en place qu’il arrive à retranscrire brillamment. Pas de militaires à tous les coins de rue, mais avec une personne sur dix qui travaillent pour la junte, la paranoïa souffle doucement à l’oreille de ce César. Et malgré cela, il croise des bouddhistes qui continuent à encaisser, une Jet Set qui continue à faire la fête. Les situations sont surréalistes et criantes de vérité. Le roman transpire une atmosphère lourde, moite, une nature exubérante et étouffante, des vapeurs de Ya Baa, mais peut également nous transmettre la sérénité de l’aube au bord d’un lac. On y trouve des pierres précieuses, des shamans, des villes de jeux et de prostitution. L’histoire est très rythmée et l’atmosphère haletante. Il reste néanmoins un décalage décevant. L’actualité de ces derniers mois en Birmanie a placé le lecteur dans une attente d’explication politique de la situation. Le sujet est abordé mais Birmane ne saurait apporter les réponses attendues. L’actualité a pu servir ce livre à sa sortie mais le dessert pour l’impression finale. <em>Birmane</em> est juste un excellent livre d’aventurier et Christophe Ono-dit-Biot aurait pu valoriser différemment son expérience personnelle pour en faire un témoignage plus percutant. Le mélange de fiction et de réalité politique est difficile à doser. </p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>Chaque matin, le soleil nous réveille en caressant nos joues. Et comme nous nous rendormons aussitôt, il faut que les moteurs des bateaux s’en mêlent pour que nous nous décidions enfin à sortir du lit.<br />
Leur passage vrombissant fait frémir le sol de bambou. C’est seulement à ce moment-là que je mets le pied-à-terre. Je ceins mes hanches d’un longyi et je me dirige vers la porte, si fine qu’elle ressemble à du papier. Je l’ouvre, je ferme les yeux, je fais un pas en avant jusqu’à la rambarde, je m’y appuie et là, je les ouvre.<br />
Dans une explosion de couleurs chatoyantes, une vingtaine de barques noires élancent leur proue effilée sur l’eau vaste et immobile.</em></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<table border="0" cellPadding="0" cellSpacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Ono.jpg" align="left" width="159" height="74" border="0" /> </td>
<td>Christophe Ono-dit-Biot est un fils de professeur qui commence par rater son agrégation, ce qui l’inspire immédiatement (et tant mieux pour nous) pour son premier roman <em>« Désagrégé (e)»</em>. Sorti en 2000, ce premier livre suscite déjà de l’intérêt et sera finaliste du prix des Deux magots.  Il obtient son agrégation, et commence l’enseignement dans un lycée, à Meaux. Lancé dans le monde journalistique et littéraire, il est critique littéraire pour ELLE et grand reporter pour Le Point. Il semble habité par les voyages et ce thème est souvent repris dans ses livres. Il intervient sur Canal plus auprès de Pascale Clarck comme journaliste politique car son travail au journal Le Point l’a amené à suivre Mrs Sarkozy, Bayrou et LePen durant la campagne présidentielle. Dernièrement, il a publié <em>Birmane</em> qui reçoit le prix Interallié en 2007.</td>
</tr>
</table>
<p><span></span><br />
<strong><em>Liens utiles</em></strong><br />
<a href="http://www.rue89.com/2007/08/20/christophe-ono-dit-biot-une-histoire-birmane" target="_blank">Une Itw de l&#8217;auteur</a><br />
<span></span><br />
<strong><em>Birmane</em> de Christophe Ono-dit-Biot</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : Plon<br />
nombre de pages : 441<br />
prix : 21€</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Cette histoire-là d&#8217;Alessandro Baricco</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/01/29/cette-histoire-la-dalessandro-baricco/</link>
		<comments>http://ll4ll.net/livre/2008/01/29/cette-histoire-la-dalessandro-baricco/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 08:04:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Histoire.jpg" align="left" width="100" height="139" border="0" /></td>
<td>Une course automobile mythique (Versailles – Madrid en 1903), une défaite stratégique incroyable à Caporetto en 1917, l’amour et la mort sont les évènements de la vie d’Ultimo Parri, personnage du nouveau roman d’Alessandro Baricco. Banalité et déception pour ce récit, mais <a href="http://ll4ll.net/livre/2008/01/29/cette-histoire-la-dalessandro-baricco/">venez à bord d’une 4L </a> pour découvrir le monde automobile selon Baricco. </td>
</tr>
</table>  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Histoire.jpg" align="left" width="100" height="139" border="0" />Une fois de plus, Alessandro Baricco met tout son talent narratif dans l’ouverture de son roman. Il raconte à sa manière une course automobile entre Versailles et Madrid, l’attente des gens sur le parcours, l&#8217;impatience d’un jeune enfant sur la ligne d&#8217;arrivée. Comme si il avait vécu cette course, il nous transmet la nostalgie d’une époque révolue. Alessandro Baricco se concentre sur Ultimo Parri et son père qui décident d’ouvrir un garage automobile à une époque où il n’y a pas encore d’automobile, mais les amènent à rencontrer un extraordinaire baron, coureur automobile. Les personnages sont riches, haut en couleurs, touchants comme toujours avec Alessandro Baricco. Un saut dans le temps, la première guerre mondiale vue d’Italie et l’extraordinaire audace stratégique des Allemands nous est décrite. À nouveau, le lecteur est immergé dans l’ambiance de cette guerre vécue par Ultimo Parri, l’impacte qu’elle a sur le cours de sa vie.<br />
Alessandro Baricco crée un personnage dans son monde, composé de circuits automobiles ; un monde subtil, doux, rapide, violent et voluptueux ; un monde dans lequel ce qui est important n’est pas la course, mais la courbe et la trajectoire. La vie d’Ultimo est touchée par la grâce jusqu’à sa mort. Il est aimé et ranimé par le regard de ceux qu’ils l’ont connu.<br />
A bien regarder, les ingrédients sont réunis,  pourtant l’ennui nous gagne. En finissant ce roman, c’est même la déception qui domine. La magie d’Alessandro Baricco n’a pas fonctionné. Il faudrait disséquer, analyser, émettre des hypothèses sur ce qui manque à ce livre. Mais justement, il ne manque rien pour un roman. Il est juste banal. Alessandro Baricco a un univers exceptionnel, qui comprend le roman, l’essai, le théâtre, la musique. Et il est difficile d’accepter la banalité de la part d’un auteur qui a su écrire <em>Soie, Novecento : pianiste, Océan mère, les châteaux de la colère</em> ou même <em>Next</em>. Malheureusement pour lui, il ne peut souffrir d’aucune baisse de régime, aussi faible soit-elle, sans décevoir.  </p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>Certains n’allèrent même pas dormir, d’autres avaient mis le réveil à une heure absurde pour se glisser ensuite hors du lit, se laver sans faire de bruit, ni heurter les objets, en cherchant leur veste. Parfois c’étaient des familles entières qui partaient, mais ce furent pour la plupart des individus isolés qui entreprirent le voyage, souvent contre toute logique ou bon sens. Les épouses, dans les lits, ensuite, étendaient les jambes en travers du côté resté vide. Les parents échangeaient trois mots, en écho aux discussions de la veille, des jours d’avant, des semaines d’avant. Elles portaient sur l’indépendance des fils. Le père se redressait sur l’oreiller et regardait l’heure. Deux heures.<br />
C’était un bruit très insolite car cent mille personnes à deux heures du matin sont comme un torrent qui s’écoule dans un lit inexistant, muette la grève, disparus les cailloux. De l’eau sur de l’eau.</em></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Baricco.jpg" align="left" width="100" height="100" border="0" />Alessandro Baricco a mené des études de philosophie et de musicologie. Dans un premier temps, rédacteur dans une agence de publicités, puis journaliste et critique littéraire dans différents magazines italiens, il devient collaborateur du journal <em>La Republica</em>, dans lequel il publie <em>Les barbares</em> sous forme de feuilletons. Il a 33 ans lorsque son premier roman, <em>Châteaux de la colère</em> paraît.  Il reçoit le prix Médicis du roman étranger en 1995. Alessandro Baricco fonde une université à Turin pour étudier l’art de la narration et apprendre à raconter une histoire.  Passionné par la musique, il acquiert un véritable style qui lui est propre, souvent rythmé, avec un cours narratif déstructuré. Il s’essaie à différents styles littéraires. Touchant un peu à tout, il publie <em>Novecento : pianiste</em> tout en s’impliquant dans la mise en scène au théâtre. Après avoir demandé au groupe Air d’écrire une musique sur son livre <em>City</em>, il monte un spectacle avec eux dans lequel Air joue pendant qu’il lit son roman. A noter surtout la publication de <em>Soie</em>, qui  va lui offrir sa notoriété et son statut de grand écrivain.</p>
<p><strong><em>Cette histoire-là</em> d&#8217;Alessandro Baricco</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : Gallimard<br />
nombre de pages : 318<br />
prix : 20€</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La physique des catastrophes de Marisha Pessl</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/01/25/la-physique-des-catastrophes-de-maisha-pessl/</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Jan 2008 09:06:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/physique.jpg" align="left" width="100" height="138" border="0" /></td>
<td>
Bleue Van Meer est une orpheline qui suit son père excentrique, exubérant dans un road trip américain dont chaque étape est une ville universitaire. Dans chacune de ces villes, son père enseigne ou du moins le croit-elle. Pendant ce temps, elle prépare son entrée à Harvard, malgré les doutes et les petits malheurs de l’adolescence. Ce livre est dense, truculent, drôle, original et unique. <a href="http://ll4ll.net/livre/2008/01/25/la-physique-des-catastrophes-de-maisha-pessl/">Venez voir pourquoi…</a></td>
</tr>
</table>  

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/physique.jpg" align="left" border="0" height="138" width="100" />Bleue Van Meer pourrait être une adolescente ordinaire sauf qu’elle est orpheline de sa mère et que son père est un personnage à part, professeur d’université itinérant, accablé par la bêtise du genre humain, misogyne en apparence et surtout mentor de sa fille. L’objectif fixé par ce père au cours de son parcours au travers des Etats-Unis est l’entrée de sa fille à Harvard. Mais Bleue Van Meer dans ce parcours rencontre une femme superbe, professeur de cinéma qui réunit un groupe d’adolescent (le sang bleu) deux fois par semaine pour des repas d’intellectuel ou autre. Ces réunions sont étranges et amènent rapidement Bleue sur une enquête concernant cette femme professeur de cinéma, son père, et un mouvement révolutionnaire américain.<br />
C’est son premier roman et c’est extraordinaire. À partir d’une adolescente, gorgée de référence littéraire par son père exigent, intellectuel et cynique, Marisha Pessl livre un roman intriguant, drôle, moitié roman initiatique, moitié roman à suspens, moitié roman critique de la société américaine. C’est une déferlante d’érudition cinématographique et littéraire, de petites anecdotes jusqu’à la synthèse d’œuvre phénoménale. À partir de la relation fusionnelle qu’a cette adolescente avec son père, c’est dans une grande subtilité narrative du passage à l’âge adulte que l’auteur distille un peu de suspens, d’étrangeté et d’humour. Ce premier roman est incroyable, un des chef-d’œuvre de la rentrée littéraire 2007, et on a envie immédiatement de comparer ce jeune auteur à John Irving dans ses premiers opus (<em>L’épopée du buveur d’eau, Le monde selon Garp</em>). On y retrouve le même talent de la digression, truffée de références improbables. Comme pour John Irving,  de petites longueurs apparaissent parfois, mais c’est l’unique reproche que l’on peut faire, puisqu’il faut bien en faire un. Sinon, il est évident que ce livre est à lire et que cet auteur est à suivre.</p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>J’attendais près du caddie que papa choisisse un parfum de glace.<br />
« La plus grande contribution de l’Amérique au monde n’a pas été la bombe atomique, le fondamentalisme, les usines à maigrir ou Elvis, ni même l’observation assez fine que les hommes préfèrent les blondes, mais la perfection atteinte en matière de crèmes glacées. » Papa adorait faire des commentaires devant la porte ouverte du congélateur en étudiant chaque parfum de Ben &amp; Jerry, sans prêter la moindre attention aux autres clients qui lui tournaient autour comme des mouches dans le vain espoir qu’il s’en aille. </em></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Pessl.jpg" align="left" border="0" height="91" width="180" /></td>
<td>Agée de vingt-sept ans, Marisha Pessl a grandi en Caroline du Nord. Diplômée de l’université de Columbia, elle a d’abord travaillé dans la finance et vit actuellement à New-York. Très tôt et grâce à sa mère, elle décide de faire de chaque instant un moment important de sa vie, esprit retranscrit parfaitement dans son premier roman <em>La physique des catastrophes</em>. Ce livre est retenu par le New York Times Book Review comme un des cinq meilleurs roman de l’année 2006.  Et juste pour se rassurer un peu sur la normalité de cette jeune femme, elle aurait d’abord jeter deux romans avant de soumettre celui-ci aux éditeurs.</td>
</tr>
</table>
<p><span></span><br />
<strong><em>La physique des catastrophes</em> de Marisha Pessl</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : Galllimard<br />
nombre de pages : 610<br />
prix : 24€50</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Pâle sang bleu d&#8217;Alizée Meurisse</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/01/21/pale-sang-bleudalizee-meurisse/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2008 09:31:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/P__le.jpg" align="left" width="95" height="147" border="0" /></td>
<td><a href="http://ll4ll.net/livre/2008/01/21/pale-sang-bleudalizee-meurisse/">« J’aimerais tant te jeter mon cœur à la figure. » </a></td>
</tr>
</table>  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/P__le.jpg" align="left" width="95" height="147" border="0" />« J’aimerais tant te jeter mon cœur à la figure. » c’est la quatrième de couverture, laissée par Alizé Meurisse pour imager son premier roman. Tout est là. Cette phrase est différente avant et après avoir lu <em>Pâle sang bleu</em>. L’histoire n’a rien d’extraordinaire, elle est même des plus classique. C’est la vie, le quotidien de deux orphelins Charles et Manon, abandonnés par leur mère internée en psychiatrie. C’est l’histoire d’un paumé, Johnny, ancien taulard, amoureux absolu de Manon, qui va voler une bague à Olivier et sa bande pour se fiancer. C’est la mise en place de l’histoire rebattue d’un amour maudit, le déroulement d’une vengeance et l’après.<br />
Et le plaisir vient du style, de la narration. C’est ce qui permet à ce livre de ne pas être une version superflue d’une histoire d’amants quelconque. « Ecorchés vifs », voilà comment sont perçus tous les personnages de ce récit, prenant à tour de rôle le « je » narratif d’un paragraphe à l’autre, perdant un peu plus à chaque fois le lecteur. Alizé Meurisse est une poète contemporaine, à fleur de peau, naïve, sensible, excessive. Elle nous raconte le côté tragique d’inadaptés sociaux tellement honnêtes, tellement vivants que le doute se jette sur la vie du lecteur. Des personnes peuvent vivre avec ce volume là, dans un excès hystérique et teinté d’une naïveté fantasmée ? Leur perception est assénée à coup de pulsions organiques et animales, pleines et amères. Leur appréhension de la vie, de l’amour et de la mort est exprimée dans toute sa violence. On se perdrait à essayer de définir l’univers du livre d’Alizè Meurisse, précaire, instable, glauque mais surtout surréaliste. Cet univers, on le ressent, et on le voit sous cette plume.  Il faut lire ce livre, d’une traite, se laisser aller à cette innocence et découvrir comment du sang neuf peut magnifier et revisité des thèmes vieux comme le monde, avec l’audace du premier roman.<br />
<span></span></p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>Je le regarde éclore. Les draps sont lourds d’eau salée et acide, il est ruisselant de sueur, tel un boxeur assis dans son coin, sur la tête duquel on vient de presser une éponge engorgée d’eau. Son corps est imprégné de cette liquidité organique de son propre parfum amer qui fait chavirer les cœurs, qui écoeure et qui fait dessaler. Il ressemble un peu à Napoléon, en moins volcanique et plus chevelu, il a les cheveux d’un ton crémeux, de la couleur d’un potage au potiron mais avec en plus un nuage de lait froid. Il a une grande bouche avec de grosses lèvres pulpeuses et difformes, sans doute à cause de la cuillère en argent qu’il avait dans la bouche au sortir de l’utérus de sa mère, et c’est ce qui fait tout son charme. Des pores de sa peau suinte une beauté dont la rugosité rappelle celle des vieilles photos, une beauté puissante, choquante, agressive. Une beauté enfin qui pique les yeux comme un oignon.</em><br />
<span></span></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<table border="0" cellPadding="0" cellSpacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/ALiz__e.jpg" align="left" width="95" height="131" border="0" /></td>
<td>La biographie est fine, mais c&#8217;est normale car elle est née en 1986. Alizée Meurisse est photographe officiel des Babyshambles pour un de leur album. Sa vie est partagée entre Paris et Londres. Elle peint, photographie et écrit. <em>Pâle sang bleu</em> est son premier roman, et ce coup d’essai est remarquable. </td>
</tr>
</table>
<p><span></span><br />
<strong><em>Liens utiles</em></strong><br />
<a href="http://www.arte.tv/fr/art-musique/journal-culture/Vu-par---/Pale-sang-bleu-d-Alize-Meurisse/1765594.html">Une Itw de l&#8217;auteur</a><br />
<span></span><br />
<strong><em>Pâle sang bleu</em> d&#8217;Alizée Meurisse</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : Allia<br />
nombre de pages : 142<br />
prix : 9€</p>
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		</item>
		<item>
		<title>A l&#8217;abri de rien d&#8217;Olivier Adam</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/01/18/a-labri-de-riendolivier-adam/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Jan 2008 09:32:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/abri.jpg" align="left" width="100" height="146" border="0" /></td>
<td>Fermeture de Sangatte. Ces mots ont longtemps fait partie de l’actualité et puis ont disparu, sûrement en raison d’un surplus d’informations. Pourtant, telle une piqûre de rappel, lire ces mots à nouveau nous remet très rapidement dans le contexte : Entente de Messieurs Blair et Sarkozy, et on raye de la carte le centre de la croix rouge. Et puis ?… rien. Est ce qu’on règle le problème humain en fermant un bâtiment ? Olivier Adam s’empare du sujet. Il se sent concerné et décide de passer le pas, de sauter du roman personnel au roman d’actualités. Venez voir <a href="http://ll4ll.net/livre/2008/01/18/a-labri-de-riendolivier-adam/">le résultat …</a></td>
</tr>
</table>  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/abri.jpg" align="left" width="100" height="146" border="0" />Marie est perdue dans une vie sans relief ni couleur. Son statut de mère ne la satisfait pas. Son nouveau statut de chercheur d’emploi la laisse perplexe. Même si son mari est attentionné, elle prend lentement distance avec son environnement social et familial. Et puis par hasard, en passant devant une tente de la Croix-Rouge, elle décide d’entrée et de donner un coup de main aux bénévoles. Des réfugiés errent dans les environs et tentent régulièrement de passer en Angleterre. Absorbée par la cause, Marie va petit à petit tout donner, son temps, son amour, son argent. Cet engagement lui rend le goût de la vie aussi fortement que la détresse humaine de ces réfugiés est violente. Elle va abandonner son rôle de femme au foyer, moins s’occuper de ses enfants, s’éloigner de son mari. Un mur d’incompréhension se construit lentement entre elle et lui.<br />
Olivier Adam teinte ses récits d’une mélancolie puissante et contagieuse (voir <em>Passez l’hiver </em>et <em>Falaise</em>). Son écriture est souvent lente, douce, triste, d’une beauté fine et fragile. La dépression habite ces personnages, les rongent. Marie n’y échappe pas et rapidement le lecteur retrouve le style d’Olivier Adam dans les premières pages d’<em>A l’abri de rien</em>. La nouveauté est sa volonté d’utiliser le roman pour témoigner, s’engager dans une détresse humaine proche de nous, dans notre pays. Il dissèque la méfiance des bénévoles envers les femmes aux foyer désoeuvrées, le regard des autres sur ceux qui s’engagent. Il décrit magnifiquement des moments de grâce, de profondes révoltes, d&#8217;espoir et d&#8217;humanité. Olivier Adam mixe une misère sociale à la détresse internationale des réfugiés, mélange explosif et dangereux. Mais cela reste juste un témoignage supplémentaire sur la situation des réfugiés qui veulent passer en Angleterre, réussi car avec un ton juste mais aussi déjà lu/vu.<br />
<span></span></p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>De toute façon, ça n’a pas d’importance, tous ces endroits se ressemblent, ils en finissent par se confondre. D’un bout à l’autre du pays, éparpillés ils se rejoignent, tissent une toile, un réseau, une strate, un monde parallèle et ignoré. Millions de maisons identiques aux murs crépis de pâle, de beige, de rose, millions de volets peints s’écaillant, de portes de garage mal ajustées, de jardinets cachés derrière, balançoires barbecues pensées géraniums, millions de téléviseurs allumés dans des salons Conforama. Millions d’hommes et de femmes, invisibles et noyés, d’existences imperceptibles et fondues. La vie banale des lotissements modernes. A en faire oublier ce qui les entoure, ce qu’ils encerclent. Indifférents, confinés, retranchés, autonomes. Rien : des voitures rangées, des façades collées les unes aux autres et les gosses qui jouent dans la lumière malade. Le labyrinthe des rues aux noms d’arbres absents. Les lampadaires et leurs boules blanches dans la nuit, le bitume et les plates-bandes. La ville inutile, lointaine, et le silence en plein jour.</em><br />
<span></span></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/adam.jpg" align="left" width="100" height="100" border="0" />Né en 1974 en banlieue parisienne, Olivier Adam a d’abord vécu dans la région parisienne avant de s’exiler à Saint Malo. Il a commencé par des études de gestion d’entreprises culturelles. Pendant qu’il occupe le poste de directeur de collection aux Éditions du Rouergue, il écrit également pour la jeunesse mais surtout son premier roman, qui est publié en 2000, au Dilettante, <em>Je vais bien ne t&#8217;en fais pas</em>, adapté en 2007 au cinéma. Ce long-métrage reçoit l&#8217;Etoile d&#8217;or du scénariste par l&#8217;Académie de la presse du cinéma français. Suivent, aux Éditions de l&#8217;Olivier, <em>A l&#8217;ouest</em> et <em>Poids léger</em>, adapté pour le cinéma par Jean-Pierre Améris. En 2004, Olivier Adam publie  un  recueil de nouvelles, <em>Passer l&#8217;hiver</em>, avec lequel il obtient le Prix Goncourt de la Nouvelle. Poussé par cette reconnaissance, il publie le roman <em>Falaises</em> en 2005. Ce roman est cité à plusieurs reprises dans différents prix littéraires, mais c’est en 2007 avec <em>A l’abri de rien </em>qu’il reçoit le prix FranceTélévision.<br />
<span></span><br />
<strong><em>Liens utiles</em></strong><br />
<a href="http://www.evene.fr/livres/actualite/olivier-adam-abri-de-rien-928.php">Itw d’Olivier Adam</a><br />
<a href="http://perso.crans.org/pebrel/Calais/index.html">Photos reportage de migrants à Calais </a><br />
<span></span><br />
<strong><em>A l&#8217;abri de rien</em> d&#8217;Olivier Adam</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : L&#8217;olivier<br />
nombre de pages : 219<br />
prix : 18€</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Ni d&#8217;Eve, ni d&#8217;Adam d&#8217;Amélie Nothomb</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/01/14/ni-deve-ni-dadam-damelie-nothomb/</link>
		<comments>http://ll4ll.net/livre/2008/01/14/ni-deve-ni-dadam-damelie-nothomb/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Jan 2008 12:23:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ll4ll.net/livre/2008/01/14/ni-deve-ni-dadam-damelie-nothomb/</guid>
		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/ni_deve.jpg" align="left" width="100" height="148" border="0" /></td>
<td>2007, comme 2006, comme 2005 comme …..  nous a livré pour sa rentrée littéraire un nouvel Amélie Nothomb. Retour au Japon, en dehors du milieu professionnel, juste pour préciser ce qu’elle a vécu dans le pays qui l’a vu naître. Le Japon, elle en parlait déjà dans <em>La métaphysique des tubes</em>, <em>dans Stupeurs et tremblements</em>, alors est-ce le retour de trop dans ce pays ? <a href="http://ll4ll.net/livre/2008/01/14/ni-deve-ni-dadam-damelie-nothomb/">Lire la suite…</a></td>
</tr>
</table>  ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/ni_deve.jpg" align="left" width="100" height="148" border="0" />Amélie arrive sans le sou au Japon et décide de donner des cours de Français afin de parfaire son japonais et vivre un peu de son travail. Il y a la rencontre, dans un café avec son élève, et une histoire d’amour commence : les premiers rendez-vous troublés par l’ambiguïté affective et professionnelle, puis les amis, l’université, la nourriture, les souvenirs de son enfance, le Mont Fuji, tout y passe, même la délicieuse lâcheté de la séparation. En arrière plan, on devine la même période de sa vie que dans <em>Stupeurs et tremblement.</em> On peut y voir un habile clin d’œil ou la justification superflue d’un auteur emmêlé dans l’autofiction.<br />
Partagé, le lecteur le restera sûrement jusqu’au bout. Ce livre comprend une superbe fluidité narrative, un sens aigu de la formule et du mot. Amélie Nothomb est à part, sensible, talentueuse, écorchée, décalée, un véritable écrivain. Et ce roman n’échappe à aucune de ces qualités. Malgré tout le livre reste un peu fade. Elle a déjà superbement décrit son Japon à elle : la candeur et l’angoisse de l’enfance avec <em>La métaphysique des tubes</em>, le fossé culturel infranchissable et le monde du travail nippon avec <em>Stupeur et tremblements</em>. Ce retour est-il superflu ? Chacun doit avoir sa réponse et les inconditionnels de Nothomb diront sûrement que non. La déception est possible si vous avez lu ses deux premiers ouvrages sur le Japon. Dans le cas contraire, il vaut mieux les lire plutôt que de se plonger dans <em>Ni d’ève, ni d’Adam.</em>, Amélie Nothomb publie un livre par an et, paraît-il en écrit 3 ou 4. Peut-être que cette année, elle n’a pas choisi le bon. L’artiste est immense et on ne peut même pas lui reprocher « ce petit coup de mou ». C’était une année sans. Profitons en pour relire l’incroyable <em>Hygiène de l’assassin </em>afin d’avoir notre dose de Nothomb annuelle ou attendons Septembre 2008.<br />
PS : N’oublions pas que cet avis n’est pas partagé par tous. <em>Ni d’Eve, ni d’Adam</em> a reçu le prix de Flore 2007. </p>
<h2>Un extrait</h2>
<p><em>Le moyen le plus efficace d’apprendre le japonais me parut d’enseigner le français. Au supermarché, je laissai une petite annonce : « cours particulier de français, prix intéressant ».<br />
Le téléphone sonna le soir même. Rendez-vous fut pris pour le lendemain, dans un café d’Omote-Sando. Je ne compris rien à son nom, lui non plus au mien. En raccrochant, je me rendis compte que je ne savais pas à quoi je le reconnaîtrais, lui non plus. Et comme je n’avais pas eu la présence d’esprit de lui demander son numéro, cela n’allait pas s’arranger.</em></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<table border="0" cellPadding="0" cellSpacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Nothomb.jpg" align="left" width="100" height="168" border="0" /></td>
<td>Amélie Nothomb est née en 1967 à Kobe au japon. Fille de diplomate Belge, elle va au cours de son enfance vivre au japon (raconté dans la métaphysique des tubes) en chine aux États-Unis, en Asie de l’est puis s’installe en Belge. Elle étudie la philologie romane. Une fois agrégée, elle part pour sa première expérience professionnelle au Japon (racontée dans Stupeurs et tremblements). Puis elle rentre en Belgique et publie en 1992 <em>Hygiène de l’assassin</em> qui connaît un énorme succès et lui permet de vivre grâce à l’écriture. Depuis elle publie un roman par an et dit en écrire plusieurs qu’elle ne publie pas.</td>
</tr>
</table>
<p><span></span><br />
<strong><em>Ni d&#8217;Eve ni d&#8217;Adam</em> d&#8217;Amélie Nothomb</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : Albin Michel<br />
nombre de pages : 245<br />
prix : 17,90€</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ll4ll.net/livre/2008/01/14/ni-deve-ni-dadam-damelie-nothomb/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Comment les riches détruisent la planète d&#8217;Hervé Kempf</title>
		<link>http://ll4ll.net/livre/2008/01/07/comment-les-riches-detruisent-la-planetedherve-kempf/</link>
		<comments>http://ll4ll.net/livre/2008/01/07/comment-les-riches-detruisent-la-planetedherve-kempf/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Jan 2008 08:21:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>under</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Essais]]></category>

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		<description><![CDATA[<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
<tr>
<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/riche.jpg" align="left" width="100" height="100" border="0" />Bon évidemment si vous n’avez pas le moral, un moment de lucidité pareil ne fait pas du bien. Il faut partir avec une bonne réserve d’optimisme, de lucidité ou de réalisme pour attaquer ce livre, le titre nous y engage  clairement. Hervé Kempf, journaliste au Monde et à Courrier International, spécialisé dans l’environnement publie ce livre début 2007. Doit-on y voir la naissance d’un Mickeal Moore français écolo, ou est ce beaucoup plus ? Venez par <a href="http://ll4ll.net/livre/2008/01/07/comment-les-riches-detruisent-la-planetedherve-kempf/">là</a>…</td>
</tr>
</table>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/livre/wp-content/uploads/under/riche.jpg" align="left" border="0" height="100" width="100" />Hervé Kempf présente une mise au point écologique que l’on redoutait effrayante et qui est effroyable. Il dresse un bilan étayé, documenté, référencé de travaux d’experts mis à notre portée. Il gagne très rapidement auprès du lecteur une crédibilité et une compétence incontestables en écologie. Sont passés en revue l’émission des gaz à effet de serre, l’emballement climatique, l’empoisonnement de l’environnement par la chimie, l’extinction des espèces qui se fait à une vitesse inimaginable. Rapidement, l’auteur glisse de l’épuisement des ressources vers la crise économique et de civilisation rampante puisque toute l’organisation mondiale repose sur un modèle économique de croissance. Bien. De ces constats, il argumente sur une crise sociale mondiale avec un écart entre riche et pauvre qui se creuse. La pauvreté mondiale s’accroît et double injustice, la crise écologique frappe en premier les laissés pour compte de la mondialisation capitaliste. La thèse est parfaitement articulée, la démonstration sans accroc. L’hypercapitalisme est débridé, le pouvoir politique complaisant ou impuissant et la dégradation de notre planète repose sur une oligarchie richissime sans conscience. Parmi les nombreux constats présentés, l’auteur souligne notamment comment l’expression démocratique devrait se prononcer sur les mesures à prendre face au désastre écologique. Et à nouveau, selon l’auteur le recul des libertés et de démocratie manigancé par cette  oligarchie empêche toute prise de décision dans le sens d’une responsabilisation de l’humanité. Et c’est peut-être là que le livre dérape&#8230;</p>
<p>L’auteur a sûrement désiré une démonstration trop bien huilée en liant la crise écologique mondiale à la crise sociale mondiale. Et pour cela, il n’hésite pas à partir dans tous les sens, de la liberté d’expression aux transpondeurs d’une future traçabilité, des prisons et de la torture aux États-Unis, à une violation de la liberté de la presse en France durant le référendum sur la constitution européenne. Tout est à charge et sans nuance, porté au même niveau, avec en fond de toile une oligarchie toujours responsable. L’auteur manque de pondération et retire malheureusement par sa tirade anticapitaliste du poids à son texte. En fleuretant parfois avec une caricature alter-mondialiste, il mélange toutes les causes et tous les combats. Pour exemple, l’évolution de la démocratie face à l’effondrement du bloc soviétique et une mondialisation des échanges méritent des mises au point plus modérées comme on peut la retrouver dans le <a href="http://ll4ll.net/livre/2007/04/24/le-mythe-de-la-democratie-de-lucian-boia/">mythe de la démocratie</a>. Le problème de sa thèse vient d’une stigmatisation systématique d’une partie infime de la population, dédouanant l’ensemble. N’est-ce pas trop confortable de mettre au même niveau d’incapacité d’action une population pauvre d’Inde et la classe moyenne européenne qui garde un véritable poids démocratique et qui a déjà commencé sa prise de conscience écologique ? En pointant uniquement cette oligarchie, il nous déresponsabilise. Et l’auteur tourne et retourne vers cela, prêtant un pouvoir démesuré d’influence comportementale de cette oligarchie sur le reste de la planète. Par conséquent, sa solution liberticide anti-consumériste de l’oligarchie paraît très faible et le manque de proposition alternative devient criant.</p>
<p>L’auteur a précisé qu’il voulait faire un texte concis et on peut penser que ses raccourcis sont une conséquence de cette ligne rédactionnelle. Pour preuve, le site Internet crée par l’auteur (que nous vos encourageons à visiter) sur ces sujets est plus modéré et de fait beaucoup plus pertinent. Pour finir, les réserves émises à l’encontre de ce livre ne doivent en aucun cas en démotiver la lecture. Encore une fois, le travail de documentation et la compétence de l’auteur dans ce domaine sont remarquables. Cet essai doit être lu rien que pour le bilan écologique opposable à n’importe quelle mauvaise foi. Sa théorie économique et sociale est élégante mais ne peut tout expliquer malheureusement, et seul son emballement altermondialistique est à prendre avec recul ou à mettre de côté. Nous avons bien un journaliste captivant, peut-être lutte-t-il contre une tentation de se transformer en Mickeal Moore tout vert. Espérons qu’il gardera, à l’avenir, un filtre.<br />
<span></span></p>
<h2>Un extrait, quatrième de couverture</h2>
<p><em>Nous sommes à un moment de l’histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l’espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamise se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C’est un défi magnifique, mais redoutable.<br />
Or, la classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie néolibérale ne sait plus que s’autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont soumises à son pseudo réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus de richesse.<br />
Cette représentation du monde n’est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l’injustice, sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère, promeut l’abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures.<br />
Pour l’auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète. </em><br />
<span></span></p>
<h2>L&#8217;auteur</h2>
<table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">
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<td><img src="/livre/wp-content/uploads/under/Kempf.jpg" align="left" border="0" height="169" width="100" /></td>
<td>Journaliste spécialisé dans l’environnement, suite à une prise de conscience liée à Tchernobyl, Hervé Kempf travaille au <em>Monde</em>, à <em>Courrier international</em>, à L<em>a Recherche </em>pour faire reconnaître l’écologie comme un secteur d’information à part entière. Il a publié de nombreux ouvrages sur l’écologie, <em>L’économie à l’epreuve de l’ecologie (1991), La Baleine qui cache la forêt. Enquête sur les pièges de l’Ecologie (1994), la révolution biolithique (1998), La guerre secrète des OGM (2003)</em>, mais travaille également sur d’autres sujets, <em>Gaza la vie en cage (2005).</em></td>
</tr>
</table>
<p><span></span><br />
<strong>Voir absolument</strong><br />
<a href="http://www.reporterre.net">Le site de l&#8217;auteur</a><br />
<span></span><br />
<strong><em>Comment les riches détruisent la planète</em> d&#8217;Hervé Kempf</strong><br />
date de parution : 2007<br />
éditeur : Le Seuil<br />
nombre de pages : 147<br />
prix : 14€</p>
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