Ni d’Eve, ni d’Adam d’Amélie Nothomb

Amélie arrive sans le sou au Japon et décide de donner des cours de Français afin de parfaire son japonais et vivre un peu de son travail. Il y a la rencontre, dans un café avec son élève, et une histoire d’amour commence : les premiers rendez-vous troublés par l’ambiguïté affective et professionnelle, puis les amis, l’université, la nourriture, les souvenirs de son enfance, le Mont Fuji, tout y passe, même la délicieuse lâcheté de la séparation. En arrière plan, on devine la même période de sa vie que dans Stupeurs et tremblement. On peut y voir un habile clin d’œil ou la justification superflue d’un auteur emmêlé dans l’autofiction.
Partagé, le lecteur le restera sûrement jusqu’au bout. Ce livre comprend une superbe fluidité narrative, un sens aigu de la formule et du mot. Amélie Nothomb est à part, sensible, talentueuse, écorchée, décalée, un véritable écrivain. Et ce roman n’échappe à aucune de ces qualités. Malgré tout le livre reste un peu fade. Elle a déjà superbement décrit son Japon à elle : la candeur et l’angoisse de l’enfance avec La métaphysique des tubes, le fossé culturel infranchissable et le monde du travail nippon avec Stupeur et tremblements. Ce retour est-il superflu ? Chacun doit avoir sa réponse et les inconditionnels de Nothomb diront sûrement que non. La déception est possible si vous avez lu ses deux premiers ouvrages sur le Japon. Dans le cas contraire, il vaut mieux les lire plutôt que de se plonger dans Ni d’ève, ni d’Adam., Amélie Nothomb publie un livre par an et, paraît-il en écrit 3 ou 4. Peut-être que cette année, elle n’a pas choisi le bon. L’artiste est immense et on ne peut même pas lui reprocher « ce petit coup de mou ». C’était une année sans. Profitons en pour relire l’incroyable Hygiène de l’assassin afin d’avoir notre dose de Nothomb annuelle ou attendons Septembre 2008.
PS : N’oublions pas que cet avis n’est pas partagé par tous. Ni d’Eve, ni d’Adam a reçu le prix de Flore 2007.

Un extrait

Le moyen le plus efficace d’apprendre le japonais me parut d’enseigner le français. Au supermarché, je laissai une petite annonce : « cours particulier de français, prix intéressant ».
Le téléphone sonna le soir même. Rendez-vous fut pris pour le lendemain, dans un café d’Omote-Sando. Je ne compris rien à son nom, lui non plus au mien. En raccrochant, je me rendis compte que je ne savais pas à quoi je le reconnaîtrais, lui non plus. Et comme je n’avais pas eu la présence d’esprit de lui demander son numéro, cela n’allait pas s’arranger.

L’auteur

Amélie Nothomb est née en 1967 à Kobe au japon. Fille de diplomate Belge, elle va au cours de son enfance vivre au japon (raconté dans la métaphysique des tubes) en chine aux États-Unis, en Asie de l’est puis s’installe en Belge. Elle étudie la philologie romane. Une fois agrégée, elle part pour sa première expérience professionnelle au Japon (racontée dans Stupeurs et tremblements). Puis elle rentre en Belgique et publie en 1992 Hygiène de l’assassin qui connaît un énorme succès et lui permet de vivre grâce à l’écriture. Depuis elle publie un roman par an et dit en écrire plusieurs qu’elle ne publie pas.


Ni d’Eve ni d’Adam d’Amélie Nothomb
date de parution : 2007
éditeur : Albin Michel
nombre de pages : 245
prix : 17,90€


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