C’est par un recueil de nouvelles que choisit de revenir Woody Allen. On y trouve de tout, la vie d’un couple de Manhattan qui bascule irrémédiablement parce que le petit est recalé à l’examen d’entrée en maternelle, aussi bien que la correspondance entre un directeur de colonie de vacances et un père concernant les droits de l’œuvre de son fils. C’est aussi entre autre l’achat d’un costume en matière intelligente, l’enlèvement et la prise d’otage de la doublure d’une star de Bollywood, la psychanalyse d’un écrivain, le chantage d’une nounou. De styles différentes, ces nouvelles laissent libre court au talent de Mr Allen. Il y a de l’absurde, du grotesque, des crises existentielles, des psychanalyses, les ingrédients habituels de ce cher Woody. Malgré tout, c’est un peu court, un peu juste. Faut il être exigeant ou indulgent avec les auteurs qu’on admire, surtout quand ces derniers ont un véritable talent d’écriture ? Finalement, les nouvelles de ce recueil sont assez convenues. Bien sûr, quelques phrases, quelques situations bien trouvées font sourire, et l’ensemble est très plaisant à lire mais il ne reste pas de grandes phrases cultes comme on peut déjà en trouver pléthoriquement dans son œuvre. Alors, si vous êtes en manque, abandonnez-vous avec indulgence dans L’erreur est humaine de Woody Allen, ou bien relisez Destins tordus ou encore Dieu Shakespeare et moi.
Lorsque Boris Ivanovich ouvrit la lettre et la lut à sa femme Anna, tous deux blêmirent. Mischa, leur fils de trois ans, n’était pas admis dans la meilleure école maternelle de Manhattant.
« Ce n’est pas possible ! s’exclama Boris Ivanovitch, consterné.
-Non, non- Ce doit être une erreur, renchérit sa femme. Après tout, c’est un garçon brillant, agréable, sociable, à l’aise à l’oral, qui se débrouille correctement en coloriage et maîtrise bien Monsieur Patate. »
Boris Ivanovich s’était tu, il était perdu dans ses rêveries. Comment pourrait-il se présenter devant ses collègues de Bear Stearns alors que le petit Mischa avait échoué à l’entrée d’une grande école maternelle ?
Faire une biographie, même succincte et imparfaite de Woody Allen, c’est un peu décourageant car la tâche est colossale. Son œuvre fluctuant entre le prolifique et le prolix, la fainéantise gagne rapidement. Mais lançons nous tout de même. C’est un juif-athée new-yorkais, du nom Allen Stuart Konisberg , né à Brooklin en 1935. Présentant un sens aigu de l’écriture, de la dérision et du non-sens, il publie à l’âge de 15 ans des papiers humoristiques sous le pseudonyme de Woody Allen. Après une époque de cabaret, il vend des sketches à la chaîne NBC, avant de collaborer dans un show télévisé américain. Remarqué lors de ces émissions, on lui demande d’écrire le scénario de What’s new Pussycat, dans lequel il obtient un rôle au côté de Peter Sellers, qu’il admire et l’inspire autant que Groucho Marx. Il s’essaie petit à petit au cinéma et son premier film Prends l’oseille et tire-toi est un premier exemple de son humour. Au début des années 70, il aborde sa longue série de films avec Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander. Suit la rencontre avec Diane Keaton et rapidement il tourne Annie Hall récompensé par trois oscars, et Manhattan superbe hommage à ce quartier. Dix ans d’analyse, les femmes, la bourgeoisie new-yorkaise, Manhattan, la religion sont les matières premières de toutes ses œuvres. Il présente la particularité d’être un excellent musicien de jazz (clarinette) et joue régulièrement dans des clubs new-yorkais. Lancé dans le cinéma, il réussi à soutenir le rythme hallucinant d’un film par an au minimum, avec plus ou moins de réussite. Il complète régulièrement son oeuvre par la publication de livres, de nouvelles ou de pensées. Très reconnu par le public français, pas toujours bien soutenu par le public américain, Woody Allen construit une carrière dense, assez irrégulière malgré tout, mais réussissant à offrir toujours une réplique, un plan ou une scène magnifique.
Quelques liens
Les Films
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Citations
L’erreur est humaine de Woody Allen
date de parution : 2007
éditeur : Flammarion
nombre de pages : 253
prix : 19€90
Salut et merci pour cen billet fort intéressant
au passage (dsolée d’être hors sujet) j’adore le deskgn de ton blog
a+ bonne cotinuation