Dans l’Angleterre du XII ème siècle, Mister Follett et Les piliers de la terre nous entraînent dans la formidable quête du prieur Philippe : construire une magnifique cathédrale à la gloire de dieu. De 1123 à 1174, deux générations de bâtisseurs, de prêtres, de comtes et de femmes s’entredéchirent, s’aiment et s’aident dans des intrigues qui concernent toujours plus ou moins la construction de la cathédrale. Ce qui au début parait être un simple rêve d’ecclésiastique va devenir un formidable enjeu de pouvoir allant jusqu’à impliquer des rois !

Très vite le lecteur sait que le prieur Philippe parviendra à construire sa cathédrale mais l’intérêt est autre. Cette histoire est passionnante par les embûches, toutes plus insurmontables les unes que les autres, se dressant face à la construction du bâtiment et qui seront finalement vaincues pour parvenir à achever la cathédrale. Pêle-mêle et de manière non exhaustive citons : l’effondrement du toit de la cathédrale et la mort de dizaines de fidèles, la suppression de l’approvisionnement en pierres, le sac de la ville de Kingsbridge, la corruption des artisans travaillant sur le chantier puis leur départ pour un chantier concurrent, la mort du maître bâtisseur… impressionnant ? Oui ? Alors que dites vous de cela, la liste entière est deux fois plus longue !


Tous ces événements sont joués par différents personnages aux caractères très tranchés. Le prieur Philippe, William Hamleigh : le comte (illégitime ?) de Shiring, l’évêque Waleran, Tom le bâtisseur, la fille du comte déchu Aliena et son frère Richard, Jack l’artiste bâtisseur, Ellen sa mère, Remigius le prêtre frustré, sont de ces êtres que nous apprenons à craindre, aimer ou détester au fil de l’histoire. Il y a le bon, la brute et le truand auxquels il faut ajouter le travailleur, la combative et le combattant, le rêveur, la sorcière et le retors. Il est des critiques reprochant le peu de profondeur des caractères des protagonistes, le bon est vraiment bon quand la brute est réellement sanguinaire…Cela est vrai mais cette remarque ne constitue pas une raison suffisante à la non lecture du roman tant sa richesse est ailleurs. La frustration et le soulagement qu’expérimente le lecteur face aux épreuves surmontées par les héros sont des sentiments formidables quand ils sont générés par la plume de Ken Follett.

Résumons : de nombreux rebondissements, bien, des héros très manichéens, bof mais pas grave, des sentiments exaltants, très bien, mais qu’en est-il de la longueur ? Les 1050 pages de la traduction française peuvent paraître un défi insurmontable surtout qu’une partie non négligeable est consacrée à l’histoire d’amour. Cette romance parfois mièvre pourra rebuter certains lecteurs mais comme pour la profondeur du caractère des personnages il ne faut pas s’arrêter là. Le personnage principal est la cathédrale décrite avec force de détails intéressants lors de différents passages. C’est d’elle que traite la majeure partie du roman. L’histoire d’amour est juste une épice savoureuse. Au final l’auteur, en multipliant les angles de vues, parvient à faire rebondir notre attention. A de nombreuses reprises, un évènement d’abord vécu à travers les yeux d’un personnage et ensuite revisité par un autre. Ce procédé fonctionne de manière constante durant tout le roman. Dernier petit compliment à Ken, à la fin, la fiction qui rejoint la réalité historique est un pur délice…

Je vous laisse, j’ai plein de cathédrales à visiter.

 

Les piliers de la terre, de Ken Follet
date de parution : 1992
éditeur : Le Livre de Poche
nombre de pages : 1050
prix : 10€

Egalement sur 4L : Le dossier [Cathédrales]

Catherale_small.jpg Chef-d’œuvres architecturaux contemplant l’histoire occidental depuis plus de 8 siècles, les cathédrales sont le symbole même d’une époque médiévale haute en couleur. Centres névralgiques de la cité, elles sont devenues au fil du temps de véritables espaces sociaux, abritant rites religieux ou processions et attirant sur leur parvis marchés ou fêtes populaires. Des édifices romans au flamboyant style gothique, venez, pour le second dossier 4L, vous rafraîchir sous les voûtes de ces bâtisses et découvrir la richesse des temples du Moyen-âge…C’est par là!

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