Comme une tombe de Peter James

Pour l’organisation d’un enterrement de vie de garçon, plusieurs solutions s’offrent à vous : une virée dans les bouges de la capitale, une journée d’accrobranche ou une sage retraite dans un monastère. Pour les quatre copains anglais de Comme une tombe, jeunes « golden-boys » aux sourires carnassiers, il en est autrement. Entre eux, le rituel des « Bachelor party » est l’occasion d’une surenchère de mauvais coups et de bonnes blagues. Et Michael Gharrisson, le dernier de la bande à trouver bague à son doigt, va rapidement en faire les frais.
Trois jours avant son mariage, ses potes l’embarquent dans une série de dégustations de pintes de bières dans les pubs de la région. Quelques comptoirs plus loin, la surprise arrive : six pieds sous terre, paumé au milieu d’une forêt, le voici dans un cercueil avec comme seuls compagnons une bouteille de whisky, une lampe de poche, une revue porno, un tuyau pour respirer et un talkie-walkie. La tension monte, les commentaires hilares de potes complètement éméchés envahissent la boite capitonnée par le biais du talkie, et la rigolade prend peu à peu une tournure angoissante pour l’enterré vivant. Puis les copains prennent le large, bien décidés d’alourdir une vanne déjà bien pesante. La communication à distance continue, le bruit du camion couvre les rires des 3 potes, les miles séparent victime et bourreaux puis… scratchhh…

…le camion et ses occupants ne sont plus qu’un souvenir, transformant un gag d’un coup douteux en une situation oppresante posée en seulement douze pages !

Efficace. Voici le mot qui vient à la bouche après la lecture du roman de Peter James. Au-delà d’une intrigue menée à tambour battant, le lecteur suit avec délectation le parcours de Roy Grace, flic un peu névrosé et adepte de paranormal, chargé de retrouver le jeune fiancé. Les pages s’avalent, l’intrigue suit son cours : nous sommes face à un roman mélangeant habillement les cordes du thriller et du polar. Malgré une résolution d’enquête quelque peu évidente, Comme une tombe est de ces livres qui se lisent d’une traite, et qui, s’ils ne laissent pas une marque indélébile quant à leur écriture, ont le mérite de se lire jusqu’au bout… à un rythme effréné !

Un passage

Michael appuya sur le bouton talk. « Davey ?»
Silence.
Il recommença. « Davey ? Allô ? Davey »
Silence de satin blanc. Un silence soyeux, absolu, parfait, l’étouffait de haut en bas, de droite à gauche. Il avait beau appuyer de toutes ses forces, les parois poussaient plus fort que lui. Il essaya également d’allonger les jambes, mais se heurta aux mêmes murs invincibles. Reposant le talkie-Walkie sur sa poitrine, il poussa de nouveau le plafond satiné à quelques centimètres seulement de ses yeux. Autant essayer de déplacer un mur en béton.
Puis, levant la tête au maximum, il attrapa le tube en caoutchouc rouge, plaça son œil à l’extrémité, mais ne vit absolument rien. Il le porta à la bouche et essaya de siffler à l’intérieur. Il émit un son ridicule.
Il se laissa retomber en arrière. Il avait la tête lourde et une irrésistible envie d’uriner. Il appuya de nouveau sur le bouton. « Davey ! Davey ! J’ai envie de pisser. Davey ! »
Même silence.

L’auteur

Né en 1948 en Angleterre, Peter James vit actuellement dans le Sussex, comté situé au sud de Londres. Diplômé d’une école de cinéma, il devient rapidement producteur et s’engage dans des films tels que Le marchand de Venise avec Al Pacino et Jeremy Irons. Auteur de plus d’une dizaine de romans, Comme une tombe a reçu le Prix Polar International 2006.


Des liens
Le site de l’auteur
Le site de l’éditeur

Comme un tombe
Date de parution : 2004 pour l’édition original / 2006 pour l’édition française
Editeur : Panama
Nbr. de pages : 442
Prix : 20€


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