
Dans ce no man’s land propre aux grandes villes, nous est demandé d’accueillir Gob Squad. Une haie d’honneur plus tard, quatre personnes en tenues invraisemblables, camera au poing, finissent par fendre cet assemblée sous des jets de serpentins et s’engouffrent dans un bâtiment surplombé d’un « The End ». Acceptant cette invitation à les suivre, nous voici dans une salle de spectacle vide, si ce n’est quatre écrans vidéo en fond de scène. Attente puis lancement d’images avec un plan fixe sur chaque écran :
les quatre performers nous exposent leur mission quasi héroïque. Dans ce monde ô combien hostile, ils disposent d’une heure pour sauver la planète de l’indifférence et de l’anonymat. Sur ces écrans, les règles du jeu se mettent en place : la captation s’est déroulée une heure auparavant et chaque intervenant, associé à un écran, endosse un rôle propre. De celle qui cherche à trouver la romance et l’amour en passant par celui qui se destine a être le héros des rues, tous sont missionnées. Top-Chrono, c’est parti ! Caméra à l’épaule, les voici sortant de la maison de la Villette, prêts à arpenter le 19e arrondissement et bien décidés à accomplir leur quête. Une heure durant, nous suivons les pérégrinations de ces quatre énervés, apostrophant les passants, liant des amitiés fugaces et voguant au gré des rencontres et des lieux. Ici, un homme ne sachant si l’amour existe, là, trois filles missionnant leur nouvel héro pour leur dénicher rapidement un million d’euro. Au milieu de cette joyeuse improvisation visuelle, toujours partagée sur les quatre écrans, le mix son s’opère en live, privilégiant certaines situations au fur et à mesure de leur diffusion. L’intelligence de ce collectif est d’avoir au préalable travaillé sur un canevas commun aux quatre performers : à des heures précises, dans quatre lieux différents, une mise en scène à l’unisson s’offre à nos yeux, liée par un mix musical voguant entre électro, hip-hop et jazz. Au-delà d’un très bon concept où l’image est utilisée dans sa matière brute, sans montage et sans visionnage préalable, Super Night Shot parvient à mettre au premier plan les individus, sortes d’âmes errantes perdues dans une ville tentaculaire, en attentes d’un contact, d’un dialogue pour dévier de leur chemin ordinaire… Le Gob Squad se retrouve alors autour d’un passant, acteur volontaire d’un invraisemblable happy end : enlacement doux et baiser langoureux avec un performer à tête de lapin. Et Super Night Shot de finir, comme il a commencé : avec une haie d’honneur !
Incantatoire
Sourire aux lèvres, suite à cette expérience profondément humaine, nous revoici dans notre navette made in RATP, direction Les Laboratoires d’Aubervilliers. La rue défile, le regard s’attarde sur les visages, ces passants, anonymes aussi, prêtant soudainement à la rêverie… Place maintenant à Incantus de Vincent Dupont. Dès l’entrée en scène de l’initiateur
du projet, on sait que le registre change, que le ton sera résolument différent de la proposition précédente. Dans un espace vide, entouré par une équipe technique à même le plateau, Vincent Dupont ouvre sur un grommelo proche de l’incantation, absorbant son auditoire dans une mélopée grave et inquiétante. Les sons - Raphaëlle Latini aux platines, Thierry Balasse à la réalisation sonore -, imprègnent peu à peu l’espace, créant un univers multidisciplinaire déroutant. Puis trois personnages, sortes de pantins tout droit sortis de chez Kantor, apparaissent en fond de scène et mettent au premier plan, par leurs chassés croisés, la distance, l’empêchement de la rencontre. Tous les éléments sont comme une invitation à s’immerger dans une abstraction visuelle et sonore. Nous sommes de plein pieds dans un ressenti brut, dans un acte proche du rituel. « Pour chaque création, j’essaie de rêver un spectacle, de matérialiser, avec des corps dans un espace, grâce à certains traitements de la lumière et du son, une sensation qui n’est ni la réalité, ni tout a fait un rêve. Le moment d’une semi-conscience » indique Vincent Dupont. Si les influences sont tangibles, de Lynch à Castellucci, Incantus est un acte singulier créant une esthétique propre. Il faut applaudir le travail magnifique de lumière d’Yves Godin. Malgré une deuxième partie bien en dessous de la première - mais pourquoi n’avoir pas clos lors du premier noir ? - ce spectacle offre une proposition détonante, sans histoire aucune, mais créant un ressenti difficilement nommable mais, sans aucun doute, perceptible. « Tout art doit être dérangeant » affirme Castellucci. Vincent Dupont l’a bien compris…Deux propositions donc. Deux propositions radicalement différentes mais captivantes par leur singularité et leur réflexion sur la forme, sur l’outil scénique. Deux propositions qui offrent un voyage dans la complexité humaine, qui mettent en exergue les relations de l’homme face à ce qui l’entoure.Retour à la Villette, déposés par une navette devenue presque spatiale. Mais, au fait, où ai-je garé ma voiture ?
100 dessus dessous qu’ils disaient…
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Quelques liens :
Le site du festival 100 Dessus Dessous
Le site de Gob Squad
Extrait vidéo de Super Night Shot
Critique de Incantus sur le site de la revue Mouvement
Les laboratoires d’Aubervilliers
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4 Décembre 2007, 20h40, Nouveau casino. Emmitouflée dans une doudoune couleur or, Micky Green prend place sur la minuscule scène du club parisien de la rue Oberkampf. Entourée par une formation basse/batterie/clavier, elle entonne White T-Shirt, titre ayant donné son nom à un premier album sorti au mois d’Août 2007. Avec une instru minimaliste, la chanson embarque immediatement l’auditoire dans l’univers de cette jeune australienne de 23 ans. Douceur de la mélodie et délicatesse de la voix forment un préambule élégant à la ligne de basse à venir, destinée à faire bouger les foules. Comme si la patience n’était pas son principale soucis, Micky Green enchaîne rapidement son hit du moment, le sacrement bon : Oh !. Simple et efficace, elle laisse entrevoir par le biais de ce single toutes ses influences allant de la folk à la funk en passant par la soul, le tout avec une fraîcheur presque innocente. Les titres de l’album s’enchaînent sans fioriture et finissent par laisser un gout étrange. Répliques exactes de ceux enregistrés en studio, les morceaux ne crées aucune asperité propre à la scène. Lorsque la nouvelle égérie de Renaud Létang (Feist, Manu Chao,…) annonce la reprise d’un classique funky, revenu au gout du jour grâce à Tarantino, on s’attend alors à être surpris. Si le morceau est toujours aussi efficace, l’attaque vocale de Micky Green se trouve bien en dessous de l’originale et ne parvient pas à combler l’attente d’une salle bourrée à craquer.

Une sortie de scène plus tard, propice à un changement de tenue, Micky Green continue à faire défiler ses titres, chacun ne dépassant que trop rarement le format imposé par une radio. Et c’est peut-être ce que l’on pourrait reprocher : ne pas parvenir à créer des moments moins convenus, des instants plus rares. Même si l’intimisme de certaines chansons (Now It’s gone, Some sun, May Be,…) ou la pop flamboyante d’un titre tel que Soulda, parviennent à entraîner dans un univers musical singulier, la chanteuse semble comme trop apprêtée et surtout bien moins aventureuse musicalement que sa personnalité le laisse présumer. Le live naît presque uniquement lors de respirations entre deux morceaux, laissant entrevoir un sourire complice et une petite folie communicative.
Et c’est peut-être là que nous percevons autre chose qu’une simple présentation, expédiée en tout juste une heure.
C’est peut-être dans ces moments que nous avons réellement l’impression de vivre un temps de scène.
Face aux premiers pas d’une artiste, intialement déstinée lors de ces dates à n’assurer que des premieres parties, l’indulgence est de mise. L’album de Micky Green demeure un très bon premier opus, mélangeant des influences riches et laissant transparaître une voix maitrisée et séduisante. Espérons juste que ce tour de chauffe permettra à la tournée à venir d’être à la hauteur d’un talent indéniable…
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La page MySpace de Micky Green
Quelques vidéos glanées sur le net :
Le clip du titre Oh! :
Oh!, toujours, mais en live sur Europe 2 :
Une interview naze en video :

Hier soir à La Maroquinerie se produisait le groupe « Moriarty ». Très impressionné par l’écoute du single « Jimmy », petite ballade folk intimiste qui donne la chair de poule, j’avais hâte de voir le rendu en concert. Du côté des attentes, la voix envoûtante de la chanteuse Rosemary Moriarty (?), crooneuse de charme aux accents blues du début du siècle, et l’ambiance intimiste et lancinante de la musique. À ce titre, la salle de La Maroquinerie, petite salle en sous-sol de 500 personnes, était l’endroit rêvé pour découvrir un tel groupe.
Dès les premières notes, l’ambiance est clairement là, le public est plongé dans un bar de la prohibition à la chaleur étouffante (la chaleur était bien réelle), il ne manquait plus que l’odeur des cigares bon marché. Les morceaux défilent, et certains feraient bonne figure dans un film de David Lynch. La voix de la chanteuse est clairement exceptionnelle, et bien servie par des musiciens maîtrisant parfaitement leur sujet. Au titre des petites déceptions, des compositions malheureusement un peu trop conventionnelles dans le style folk/blues du folklore américain. On se prend à rêver à quelques envolées sourdes sur certains morceaux, ou à quelques mélanges de genre entre le vieux folk américain et des compositions plus modernes. Il y en a, à l’instar de « Cotton Flower », ballade à la progression impeccable, ou alors la reprise surprenante de « Enjoy the Silence » de Depech Mode. Mais sur la longueur du concert, on est plus dans la réadaptation des vieux standards folk, ce qui est tout à fait agréable à écouter, mais ne crée pas réellement de surprise. Bien sûr, cette opinion est tout à fait personnelle car l’ensemble du public semblait se régaler.
Néanmoins, pour un premier album, l’alchimie est réussie et je garderai un œil sur l’évolution de ce jeune groupe qui a toutes les qualités pour me plaire dans le futur !
Pour finir, la petite phrase rigolote entendue avant le concert : (une fille montrant discrètement un homme du doigt à sa copine) « Oh la la je crois que c’est lui qui joue du très grand violon ! ». Je vous laisse deviner de quel instrument on parle.
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Le groupe sur scène. Crédit photo : © Rod / www.le-hiboo.com |
| Le groupe est sur Myspace, un bon moyen d’écouter quelques titres et de savoir s’ils passent près de chez vous. |
Le single “Jimmy”. Je conseille tout de même l’écoute de la version album, plus réussie.
Moriarty - "Jimmy" live
envoyé par naiverecords
Une session accoustique enregistrée dans les locaux de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff.
#15 Moriarty - Private Lily
envoyé par lecargo
#15 Moriarty - Lovelinesse
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#15 Moriarty - fire day
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L’enquête policière Une interview en vidéo de Bruno Cathala, un des auteurs de Mr Jack ! |
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Mr Jack Auteurs : Bruno Cathala, Ludovic Maublanc Illustrateur : Pierô Editeur : Hurrican |
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Jack se cache parmi les 8 enquêteurs dans les rues de WhiteChapel. L’enquêteur doit à tout pris le retrouver avant qu’il ne parvienne à s’échapper ! Les personnages sont déplacés dans les rues sombres de WhiteChapel, et à la fin d’un tour de jeu, Jack doit dire à l’enquêteur s’il se trouve dans l’ombre ou dans la lumière, donnant ainsi de précieux indices à l’enquêteur. Qui saura le mieux brouiller le jeu de l’adversaire ? Jack parviendra-t-il à s’échapper alors que l’étau se resserre ?
Vous le saurez en suivant cette finale passionnante et riche en émotion !
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La suite et la fin du Championnat du monde ! |
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L’enquête policière Une interview en vidéo de Bruno Cathala, un des auteurs de Mr Jack ! |
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Mr Jack Auteurs : Bruno Cathala, Ludovic Maublanc Illustrateur : Pierô Editeur : Hurrican |
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Sur une musique de John Surman.
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