[Jack] Histoire d’un mythe

Dear Boss…
Durant les deux semaines qui suivent, la presse et la rumeur locale vont s’évertuer à préserver un climat de suspicion et de délation, permettant d’asseoir la légende du « Tablier de cuir ». La police dépêche ses limiers sur place, les lettres de dénonciation affluent à Scotland yard, l’affaire est relayée dans les quotidiens du monde entier. Parmi le courrier abondant et souvent farfelu, un écrit va attirer l’attention des autorités. Manuscrit à l’encre Rouge, et reçu par l’agence de presse londonienne le 27 Septembre, cette missive est adressée au chef de la police locale et signée « Jack the ripper ».

Pour un zoom sur la lettre originale “Dear Boss…”, cliquez sur l’image


L’horreur continue
Cette lettre aurait pu être classée sans suite et archivée parmi les nombreux canulars déjà reçus durant ce funeste mois. Mais dans la nuit du 30 septembre 1888, Jack va mériter son nom et asseoir complètement son statut de premier serial Killer de l’histoire : deux prostituées sont retrouvées entre minuit et une heure du matin dans les ruelles sombre de Whitechapel. La première, Elizabeth Stride, est découverte égorgée mais sans aucune trace de coups portés à l’abdomen. La seconde, Catherine Edowes, n’aura malheureusement pas cette « chance » :

« Le corps de la victime était sur le dos, la tête tournée du coté de l’épaule gauche. Les bras sur le côté du corps comme s’ils étaient tombés là. Les paumes des deux mains vers le haut, les doigts légèrement pliés. La jambe gauche était droite, dans le prolongement du corps. L’abdomen a été ouvert. La jambe droite est pliée au niveau de la cuisse et du genou. La gorge a été coupée. Les intestins ont été sortis et placés au-dessus de l’épaule droite — ils ont été enduits de matière fécale. Un morceau d’environ 60 cm était isolé du corps et a été placé entre le corps et le bras gauche, apparemment par soucis esthétique. Le lobe de l’oreille droite a été coupé obliquement… (…) le rein gauche a été soigneusement sortis et enlevés… L’utérus a été coupé horizontalement et emporté avec certains ligaments. (…) Je crois que le malfaiteur doit avoir une connaissance aigue de la position des organes et la manière de les enlever. Il faut une bonne connaissance médicale pour enlever un rein, sachant que les parties enlevées sont inutiles pour toutes expériences professionnelles.»

Traduction du Rapport du Dr. Frederick Gordon Brown, effectué le 30 septembre à 2.00 AM sur les lieux du crime.


Des pistes tangibles

Avec ce double meurtre, l’affaire prend un nouveau tournant, les pistes récoltées par la police étant plus tangibles, les témoignages plus nombreux. Suite au rapport du médecin légiste de Catherine Edowes, la police oriente ses interrogatoires vers les étudiants en médecine et chirurgiens de la ville. Mais une nouvelle lettre arrive le 1 octobre. Identifiée comme manuscrite par le même destinataire que la lettre « Dear Boss », cette dernière révèle une étrange connaissance du dossier, faisant référence au double meurtre de la nuit précédente. De plus, l’annonce du prélèvement du lobe de l’oreille dans la lettre « Dear Boss », confirment aux forces de l’ordre la véracité de ces courriers. Le chef de police décide alors de la publier dans les journaux locaux dans l’espoir que l’écriture du meurtrier soit identifiée… Et malgré toutes ces pistes, aucun coupable. Juste cette légende qui se met implacablement en place, ne laissant rien au hasard et ouvrant la voie d’un dernier crime…

Si la lettre « Dear Boss » est maintenant considérée par les historiens comme le canular d’un journaliste en mal de reconnaissance, d’autres semblent être un véritable pied-de-nez fait à la police par un serial killer fou à lier ! Toujours est-il que, canulars ou véritables, ces lettres sont à l’origine de la notoriété de l’éventreur, déposant une signature à une série de meurtres sans précédant dans l’histoire du monde moderne.

Pages: 1 2 3 4


Aucun commentaire pour “[Jack] Histoire d’un mythe”  

  1. No Comments

Ajouter un commentaire